samedi 23 août 2008

Opération policière

La Stampa
Les Grecco derrière les barreaux


Palerme – Intouchables depuis plus d’un demi-siècle, le patron de tous les patrons de la mafia sicilienne, l’octogénaire Vito Grecco et ses deux fils, Bernardo et Michelangelo, respectivement âgés de 55 et 49 ans, sont finalement tombés aux mains de la justice italienne. Hier matin, à la levée du jour, 350 carabiniers ont participé à une vaste intervention conduisant à l’arrestation des trois mafiosi et d’une vingtaine de leurs soldats. Parmi eux, on retrouve l’avocat napolitain Claudio Barolo, qui jouait le rôle de consigliere. Il était le seul membre du clan Grecco à ne pas être d’origine sicilienne. À Palerme, la police a fourni peu de détails sur cette étonnante opération que personne de la Cosa Nostra ne semble avoir vue venir, malgré les tentacules dont elle dispose dans tout l’appareil politico-judiciaire. Pour sa part, le cabinet du ministre de la Justice n’a émis aucun commentaire pour « ne pas interférer dans le processus judiciaire ».
Dans le secret
La Stampa a toutefois appris que l’opération, baptisée « … … …», a été téléguidée de Rome. À la dernière minute, la police de Palerme a reçu « un ordre venu d’en haut ». Elle devait prêter main-forte à ses collègues de la Polizia di Stato en divisant ses effectifs et se rendant à quatre lieux de rendez-vous. Jusque-là, tout c’était déroulé dans le plus grand secret. « Seul le commandant responsable de l’opération semblait informé de notre destination finale », nous confiait un officier. Selon lui, une fois sur place, tout s’est déroulé étonnamment sans bavure, même si à peu près personne n’a su qu’à la toute dernière minute le but de cette mission pour le moins secrète. « Les mafiosi ont vraiment été surpris les culottes au genou. Même ceux responsables de la surveillance dormaient à qui mieux mieux. Nous avons d’abord investi et sécurisé les lieux, puis procédé aux arrestations avant d’effectuer une perquisition en règle des lieux. Excepté quelques échanges de « propos musclés » entre les carabiniers et les soldats des Grecco, tout s’est déroulé sans anicroche. Personne n’a résisté à son arrestation et l’on ne déplore aucune victime.
Interrogatoire
Selon des témoins, le Capo di Tutti i Capi n’était que l’ombre de lui-même lors de son arrestation. Les mains menottées derrière le dos, chevilles entravées, le vieil homme était escorté par deux carabiniers. Celui qui fait trembler l’île depuis une cinquantaine d’années avait le dos voûté et l’air accablé lorsqu’il fut conduit au fourgon cellulaire. Après la prise de photos et des empreintes digitales, Vito Grecco, ses deux fils et le consigliere ont été transportés dans un lieu tenu secret, tandis que la plupart des soldats appréhendés ont été relâchés. Certains d’entre eux comparaîtront devant les tribunaux dès aujourd’hui où leur seront signifiés divers chefs d’accusation. Entre-temps, les spéculations vont bon train sur ce qui pend au bout du nez de la famille Grecco. Personne ne voulait dire ce qui a conduit le procureur de la République à donner le feu vert à une opération d’une telle envergure contre un gang qui n’avait, jusqu’ici, jamais été importuné par la police.
Important développement
Une source proche de la Commission d’enquête sur le blanchiment d’argent, qui a exigé l’anonymat, a indiqué à La Stampa que l’opération policière n’est pas étrangère à la découverte, il y a 10 jours, du corps sans vie d’Amerigo Vespucci. Son cadavre avait été découvert par un jeune couple dans un endroit isolé de la côte donnant sur la mer Tyrrhénienne. Curieusement, on ne connaît pas encore les circonstances exactes du décès de Me Vespucci. Si l’autopsie a démontré qu’il a été tué d’un tir à bout portant à la tête, la police ne veut pas préciser, pour le moment, si l’homme s’est suicidé – une arme à feu a été retrouvée à ses côtés – ou s’il a été victime d’un règlement de compte.
D'importants développements sont à venir.

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